jeudi 5 décembre 2013

M&M - Scénario 6.3 - La routine habituelle : The Ace of Spades

Avec The Ace of Spades, on touche à le fin des trois scénarios intercalaires entre la première et la seconde partie.
On touche aussi à la limite des parties par mail : ça ne marche que si tout le monde répond.

En l’occurrence, avec un joueur qui ouvre sa boîte mail tous les 15 jours, c'est compliqué : il a fallu finir la partie de AoS en vraie partie avant de commencer le scénario suivant.

C'est la limite récurrente des parties de jeu de rôle en ligne : dès qu'il y a une interaction entre plusieurs joueurs, tout le monde va à la vitesse du plus lent.
Là, je n'ai pas trop eu de soucis : chacun des scénarios étant indépendant les uns des autres, le retard de l'un ne retardait pas les autres.



Scénario 6.3

La routine habituelle : The Ace of Spades


Préambule (secret)


La Cabale noire n’a pas trop bien digéré la mort du nécromancien qui aidait à l’ouverture du portail de Ouistreham.
La conspiration décide de muscler le ton avec le reste du collège hermétique, et veut commencer en s’en prenant aux fouineurs.
Pour ce faire, Charles-Henri attend que Pentacle travaille toute seule à la BNF, ils l’attaque, la neutralise, puis utilise son portable pour faire venir Ace et le tuer.
Avant qu’il n’arrive, il dissimule Pentacle et prend son apparence.

Le vrai préambule est un peu plus long que ça mais en l'état, le groupe n'a aucune idée de pourquoi Pentagramme a été neutralisée sans être tuée et pourquoi le tueur s'est donné autant de mal.



Depuis qu'un hélicoptère vous a ramené de la Mer du Nord, trois jours se sont écoulés.
La femme que l'équipe B a appréhendée sur la plateforme a été placée au secret sur ordre du Professeur C.
Un étage entier de l'institut est bouclé, des mesures de sécurité drastiques ont été prises afin d’empêcher que se reproduise l'incident de la garde à vue d'Emilie Couturier.
L'équipe B est au repos pour le moment, c'est Central qui s'occupe de l'interrogatoire.
Profitant du temps libre, The Ace of Spades en profite pour se produire dans les cabarets de Paris avec des cachets qui sont revus sans cesse à la hausse.
La soirée s'est bien déroulée, tu as fait salle comble.
Après avoir disparu de la scène dans un nuage de fumée, tu es passé dans ta loge et tu as constaté que ton iPhone projetait en hologramme multicolore une notification d'e-mail.
Impressionné par les retouches de Data, tu consultes l'e-mail.
Il vient dePentagramme et il est laconique comme à l'accoutumée :

Je touche au but concernant Ouistreham, 
RDV asap à la bibliothèque

Le message a été envoyé il y a un quart d'heure seulement, tu es dans le XVème arrondissement.
Rejoindre la BNF à cette heure-ci, c'est un saut de puce qui devrait te prendre 20 minutes avec ta moto, 15 si tu as du talent. A moins que tu ais d'autres projets ?

Génial !
Je regarde le téléphone sous toutes ses faces pour vérifier qu'il a encore une tête d'iPhone.
"Si seulement ils en embauchaient des comme lui chez Apple..."

C'est parti pour la bibliothèque, mais je fais un petit détour pour voir si j'ai des fans sexy qui m'attendent.
Si ce ne sont que des ados boutonneux et des petites vielles qui veulent me raconter leur vie, je leur refais le coup du final et disparais dans un nuage de fumée.

Pas la peine de rouler vite.
J'ai beau bosser pour le gouvernement, je n'ai pas l'impression que le Professeur C aura très envie de me faire sauter des PV.

A la sortie, il y a quelques midinettes de 16 ans qui ont lu le dernier article qui t'était consacré dans Closer.
Elles sont accompagnées de leurs parents.
Après avoir complaisamment signés quelques autographes, tu prends la poudre d'escampette, au sens propre.
Tu prends la moto et, comme tous les parisiens, tu contemples les bouchons nocturnes de la ville tout en te maudissant de ne pas avoir tourné à tel ou tel embranchement.
Heureusement, grâce à ta moto, tu arrives bon port dans un délai raisonnable.

A la BNF, il y a quatre tours. Tu sais que Pentacle travaille le plus souvent au sommet de la Tour des Nombres.
Tu gares ton tonnerre mécanique dans un parking vide, tu traverses les cloisons que tu sais être factices et tu te retrouves à arpenter les couloirs vides de la bibliothèque.
Enfin, tu finis par arriver à l'endroit habituel.
Tu la vois en train de taper frénétiquement sur son clavier, manifestement absorbée par la tâche.
Les livres sont étalés pêle-mêle sur son bureau.
Il ne fait pas très clair, mais on voit bien la ville en contrebas.

Elle avise ta présence du coin de l’œil mais ne relève pas le nez de son écran : elle lève un index, dans une mimique qui semble vouloir te demander quelques instants de patience.

Ah oui ?

Bon, je vais donc passer le temps en adminrant la vue.
J'en profite pour voir quelle allure j'ai dans le reflet de la vitre.


Satisfait du rendu, je fantasme sur un nouveau numéro d'illusion grandeur nature où mon image 3D apparaîtrait dans les rues de Paris.
L'as de pique géant couperait le clocher de notre dame avec un lancer de carte magistral depuis le champ de Mars. Trop classe !

Au bout d'un moment, je saisis un livre au hasard et commence la lecture de la page ouverte.
Lorsque Pentagramme en finit avec son écran, je lève un index et lui retourne la même mimique, jouant le mec absorbé par sa lecture.
Bien sûr la plaisanterie est courte et je lui adresse un large sourire en reposant le livre.

En fait, avant même d'aller jeter un œil à la bibliothèque, alors que tu regardes dans la vitre, ton œil est attiré par un phénomène inhabituel : ton col de chemise n'est pas très bien ajusté.
Mettant cela sur le compte du trajet en deux roues, tu corriges ce point de détail en profitant de ton reflet dans la vitre et de la vue panoramique sur la ville.

A cette occasion, tu te rends compte que le pont de Tolbiac est complètement embouteillé à un point à peine imaginable quand on sait qu'il est une heure du matin.
A mieux y regarder, aussi loin que ton regard porte, il semblerait que tous les feux tricolores de la ville soient à l'orange clignotant.

Sans quitter la scène des yeux, j'annonce tout haut : 

-C'est pas bon pour les lignes telluriques, ça !

-Et qu'est-ce qu'on en a à foutre des lignes telluriques ?

Le regard plongé dans la nuit, tu es pris à l'improviste par une attaque qui vient de derrière.
Tout au plus une ombre dans la vitre, une forme obscure qui se jette vers toi à toute vitesse avant que tu ne soit projeté au travers de la baie vitrée.
Tu commences à tomber au milieu d'une pluie de verre brisé.
(la Tour des Nombres fait 79 mètres de haut)
 
Alors ça, je déteste !
Je crée un disque télékinétique pour me stabiliser dans les airs, puis attire autour de moi le plus d'éclats de verre possible.
En remontant à hauteur de la vitre défoncée, je me tiens prêt à balancer tout le verre dont je dispose dans la tronche du malotru qui a osé critiquer ma remarque pourtant si juducieuse.

Tu te stabilises comme tu peux sur ton disque de force.
Ton dos irradie de douleur et il est possible que t u saignes.
Il est aussi possible que ton costume soit ruiné.
En remontant dans un nuage de dagues de verre prêtes à l'emploi, tu peux voir qu'une forme sombre semble t'attendre.
Tu peines à identifier ses contours : il s'agit d'avantage d'une ombre que d'une personne, et elle semble armée d'une faux.
Tu sais reconnaitre une créature magique invoquée quand tu en voies une et il semblerait que celle-là soit contrôlée directement par un marionnettiste qui doit se tenir en retrait à l'intérieur de la tour.

C'est là que l'échange de mail s'est arrêté.
La fin a donc été jouée de façon classique autour d'une table avant qu'on ne débute le scénario suivant.

La scène d'Ace of Spades s'est donc terminée ainsi :

En voyant la forme spectrale, il a constaté que Pentagramme, les traits déformés par un sourire sadique, était en train de contrôler la marionnette. Ace s'est alors dit qu'il allait l'attaquer depuis la sécurité des airs.

Mais manque de chance, le spectre s'est envolé vers lui.

Constatant la précarité de sa position, Ace s'est alors téléporté à l'intérieur de la BNF, quelques étages plus bas.
Là, il a repris son souffle et envisagé de contacter l'Institut. Il n'en a finalement rien fait car la position du siège des mages est un secret, même pour le Professeur C.

Il a aussi tenté de contacter d'autres mages et il s'est alors rendu compte de sa pauvreté en matière de contacts au sein du collège hermétique.

Ses recherches ont été interrompues par des bruits de cloisons défoncées : le spectre avait retrouvé sa trace et se frayait un chemin au travers des murs pour l'achever. C'est alors que la lumière lui est venue (et que j'en suis voulu d'avoir laissé une telle ouverture)

"Mais s'il est à cet étage, ça veut dire que le marionnettiste doit être tout seul là haut"

Il s'est téléporté dans la salle de rendez-vous avec Pentagramme pour s'appercevoir qu'elle était au debout au milieu de la pièce, manifestement surprise de le voir débarquer de nulle part et complètement prise au dépourvu.

La suite s'imagine aisément : un magicien capable de retourner un char Abrams dans une ruelle irakienne est tout à fait capable d'enfoncer une magicienne de 60 kg dans un mur. La confrontation s'est donc soldée en moins d'un tour.

Dans le fracas du coup de poing télékinétique, la Pentagramme que Ace a frappée s'est donc retrouvée projetée contre une porte avant de s'écrouler, sonnée. Elle a alors changé d'apparence pour prendre les traits d'un binoclard un peu chétif au teint blafard.

Dans la pièce révélée par la destruction de la porte, Ace a alors trouvé la véritable Pentagramme, évanouie et entravée par une chaîne en fer froid. Il a ainsi pu la libérer et la sortir en la portant comme un véritable prince charmant.





Epilogue

Le mage qui a agressé Pentagramme et tenté de tuer Ace n'est pas mort.
Mais le premier constat des mages du collège, quand ils finissent par arriver, est que cet agresseur est complètement inconnu au bataillon.

Dans l'heure qui a suivi, les mages du collège l'ont donc réanimé avant de commencer à lui poser des questions.

Ace a pu voir une vidéo de l'interrogatoire mené par des mages du feu.

Les questions qu'ils lui ont posées ont tout d'abord porté sur son nom et d'où il tenait les pouvoirs de nécromancie interdite qu'il avait utilisé.
L'inconnu a répondu :

-Je m'appelle Charles-Henri et mes pouvoirs m'ont été enseignés par ma maîtresse, la très puissante Vivia... 

Et sa tirade s'est arrêtée là car il a convulsé, sa tête s'est retournée en arrière et ses yeux ont commencé à saigner. Il est mort en quelques instants dans des cris de souffrance. Sur la vidéo, on a très nettement entendu un rire de femme résonner.
    

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